Pendant plus de quarante ans, les médecins se sont fait dire par les compagnies pharmaceutiques que la thérapie hormonale de substitution (THS) à base d’hormones non bio-identiques telles que le Premarin® et le Provera® était une façon «prouvée» de prévenir les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose chez les femmes ménopausées. Cetteindustrie a également réussi à minimiser les risques potentiels de la THS malgré l’évidence du contraire qui s’accumulait d’année en année. Cette stratégie a parfaitement réussi car jusqu’à tout récemment, la plupart des médecins considéraient la THS pratiquement indispensable à la santé des femmes ménopausées et faisaient tout en leur pouvoir pour convaincre leurs patientes de prendre des hormones.

Tout cela a changé en juillet 2002 avec la publication des résultats de l’étude «Women’s Health Initiative»,une importante étude gouvernementale qui a démontré clairement que les bienfaits escomptés de la THS pour la prévention des maladies cardio-vasculaires et de l’ostéoporose ne justifiaient pas les risques accrus de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de cancer du sein que cette thérapie pouvait entraîner. D’autres résultats, publiés plus récemment, indiquent que la THS augmente considérablement les risques de démences et d’Alzheimer alors que pendant des années on a prétendu le contraire.

En septembre 2002, la Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada (SOGC) émettait des directives aux médecins de ne prescrire l’hormonothérapie qu’à court terme (5 ans ou moins) principalement pour le soulagement des symptômes. La SOGC mettait un gros bémol sur la THS comme approche à privilégier pour la prévention des cardiopathies et de l’ostéoporose.Pourtant c’est un fait reconnu scientifiquement que les hormones ont un rôle important à jouer dans le maintien de la santé des os et du système cardiovasculaire. Le problème est que la THS conventionnelle à base d’hormones synthétiques non bio-identiques comme le Premarin® et le Provera® n’est pas aussi efficace que nos propres hormones pour accomplir cette mission absolument vitale.

Le Dr George Gillson, M.D.,président et directeur médical du laboratoire Rocky Mountain Analytical à Calgary (Alberta), affirme qu’il existe une alternative plus efficace et sécuritaire à la THS conventionnelle qui permettrait aux femmes qui en ont besoin de bénéficier d’une supplémentation hormonale tout en réduisant les risques au minimum. Dans un livre intitulé «L'hormonothérapie plus efficace et sécuritaire, c'est possible!»,il explique: «Dans bien des cas, les stratégies axées sur la nutrition et le style de vie sont suffisantes pour soulager bon nombre de symptômes. Mais pour certaines femmes, ces approches ne sont pas suffisantes pour contrôler des symptômes qui s’intensifient. Il s’agit alors d’utiliser les bonnes hormones, à la bonne dose et avec la bonne méthode d’administration. Cette méthode est la thérapie hormonale substitutive bio-identique ou THS «bio».

Depuis 2002, beaucoup de médecins ont délaissé le Premarin® (extrait d’urine de jument gravide) et le Provera® (progestine non bio-identique) et prescrivent plutôt des hormones bio-identiques (hormones fabriquées en laboratoire mais dont la structure moléculaire est identique à celle de nos propres hormones). Par exemple, des produits comme Estrace, Estrogel et les timbres (patch) contiennent de l’œstrogène (oestradiol) bio-identique. Le Prometrium pour sa part contient de la progestérone bio-identique sous forme orale. Mais le Dr Gillson met les femmes en garde qu’il ne suffit pas de prendre des hormones bio-identiques pour que la THS soit plus sécuritaire. À cette fin il faut respecter trois conditions: d’abord que le médecin analyse les symptômes de la patiente pour déceler tout déséquilibre hormonal, en particulier la dominance en oestrogène ; ensuite, que cette analyse soit confirmée par un test salivaire (le seul test qui donne une idée exacte des hormones présentes dans les tissus) ; et finalement qu’il ou elle prescrive une hormonothérapie à base d’hormones bio-identiques, administrées par voie transdermique et dosées pour répondre aux besoins spécifiques de chaque patiente. De plus, qu’une femme ait son utérus ou non, l’œstrogène devrait toujours être accompagné de progestérone.

Le Dr Gillson insiste sur l’importance de l’administration topique des hormones, car en plus d’épargner le foie et d’éviter la métabolisation de premier passage, cette méthode se rapproche le plus de la façon dont les hormones circulent naturellement dans le corps. Pour l’œstrogène, il favorise le gel à l’oestradiol (Estrogel), à un dosage ajusté aux besoins de la patiente. Pour la progestérone, il va dans le même sens que le Dr John Lee en recommandant l’usage de la crème à la progestérone naturelle bio-identique. Cependant, bien qu’une étude vienne de prouver que la crème à la progestérone est bien absorbée par les tissus et peut protéger efficacement l’utérus contre la stimulation de l’œstrogène, bien des médecins hésitent à la prescrire car elle ne figure pas dans le Compendium des produits pharmaceutiques. (Les compagnies pharmaceutiques ne s’y intéressent pas à cause du peu de profits à réaliser.)Aux États-Unis on trouve la crème à la progestérone naturelle bio-identique en vente libre, mais au Canada on ne peut l’obtenir qu’en préparation magistrale sur ordonnance d’un médecin.* Malheureusement, cela a pour effet de nier à bien des Canadiennes l’accès à cette composante indispensable de ce que l’on pourrait appeler l’hormonothérapie de l’avenir.

Le livre du Dr Gillson explique en détail tout le système hormonal et les composantes d’une THS «bio». Il y a également une section fort intéressante pour les hommes et une abondance de références scientifiques. Je suis persuadée que cet ouvrage aidera à convaincre bien des médecins du bien fondé de cette approche. Il nous revient donc de le porter à leur attention si nous voulons des thérapies qui répondent à nos besoins plutôt qu’aux motifs de profit des compagnies pharmaceutiques.

Mise en garde:
On peut trouver dans certains magasins d’aliments naturels au Québec une crème topique qui contiendrait 3% de progestérone naturelle. Étant donné que Santé Canada ne permet pas la vente des hormones stéroïdes dans les magasins, il est fort peu probable que ce produit contienne vraiment de la progestérone. Il serait donc mal avisé de l’utiliser dans le cadre d’une THS comprenant de l’œstrogène.



Références et lectures recommandées:

- Dr. George Gillson, M.D., «La thérapie hormonale plus efficace et sécuritaire, c'est possible!»

Commentaires   

+1 #1 LOUVET 14-07-2013 16:38
je suis très heureuse d'avoir trouvé votre site pour avoir beaucoup d'explications sur ce que je ressentais depuis que j'ai abandonné en déc 2010 mon traitement TSH (climène) que j'ai suivi pendant 16 ans avec lequel je me sentais très bien
J'ai beaucoup de mal à faire la synthèse de mes maux avec ma doctoresse pour obtenir un autre traitement par rapport à mon âge (66 ans) et je me demande si cela n'est pas lié à l'attrait financier des compagnies pharmaceutiques....... Gd Merci
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